Supervision et intervision


"(...) le goût pour chacun de dire des choses simples en son propre nom,

de parler par affects, intensités, expériences, expérimentations.

Dire quelque chose en son propre nom, c'est très curieux;

car ce n'est pas du tout au moment où l'on se prend pour un moi,

une personne ou un sujet que l'on parle en son nom.

Au contraire, un individu acquiert un véritable nom propre (...)

quand il s'ouvre aux multiplicités qui le traversent de part en part,

aux intensités qui le parcourent."

Gilles Deleuze, Pourparlers.

Domaine public. Wikimedia Commons.


Un espace de supervision individuelle ou d'intervision (groupe de 3 ou 4 personnes réunies) s'adresse autant aux professionnels qu'aux étudiants en formation. Il vise à (re)mettre en question et en travail, en présence d'une personne tierce et neutre, sa pratique. Cela permet d'apporter un regard, un étonnement, une écoute et une analyse, à distance de la réalité des enjeux convoqués.

 

La rencontre professionnelle avec l'humain et les institutions humaines, dans toutes leurs incarnations, constitue la source d'interactions complexes et déroutantes, amenant parfois des vécus divers, du côté du vide, du trop plein, de l'impuissance, du doute, de l'incompréhension. La supervision offre un premier espace de dégagement.

 

Certaines personnes, particulièrement celles impliquées dans les domaines de l'action sociale, de l'accompagnement éducatif, du soin somatique ou psychique peuvent ressentir, de manière régulière ou ponctuelle, le besoin ou la nécessité de parler de leur pratique, de leur inscription dans leur pratique, ou de l'évolution de celle-ci.

 

 

 

 

Contrairement à l'analyse de la pratique, qui a lieu in situ, le travail de supervision est effectué au cabinet du psychologue, ce qui vous permet un premier décalage vis à vis du lieu de travail, de pratique, des enjeux institutionnels, de la réalité des enjeux rencontrés.Une première rencontre vise à établir la faisabilité du projet. Ensuite, des rencontres régulières sont mises en place.

 

La durée  (1h30) permet également de laisser se déployer tranquillement les enjeux du côté de la clinique, de la technique et des enjeux déontologiques et éthiques. Le dispositif est proche de celui d'un travail d'analyse de la pratique, à la différence près que l'objet de la rencontre et ses modalités de fonctionnement ne sont pas exactement les mêmes.

 

Dans ce cadre, il s'agit de penser ou de repenser ce que fait vivre la rencontre avec les personnes et les institutions, les méthodes, les techniques, les habitudes, les "trucs un peu honteux qu'il faut bien bricoler pour que ça marche", son "engagement" professionnel, etc.